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Ces bactéries qui nous veulent du bien

3 juillet 2019

La bactérie, c’est quoi ?

Avec 10 fois plus de cellules bactériennes que de cellules humaines dans le corps humain, certaines bonnes, d’autres mauvaises, savoir les reconnaître peut faire une différence pour votre santé.
Ces petits micro-organismes sans noyau et le plus souvent unicellulaire ont colonisé tous les écosystèmes et existent depuis la nuit des temps. Ils étaient même utilisés sans le savoir pour produire des boissons fermentées type bière et du pain aux temps préhistoriques. Aujourd’hui, on répertorie pas moins de 10 000 espèces de bactéries.

bacteries benefiques

Le pouvoir des micro-organismes

Ce sont à Pasteur, puis à Koch, Ehrlich et Fleming après lui, que l’on doit les nombreuses découvertes autour des bactéries. Leurs recherches ont notamment permis de s’apercevoir que ces micro-organismes étaient responsables de la fermentation, que certains pouvaient être des agents infectieux et qu’il était possible de les détruire grâce à la pasteurisation ou de les combattre avec des traitements antibactériens.

Il a fallu aux scientifiques les connaître parfaitement pour ensuite pouvoir les utiliser, voire les détourner. Et aujourd’hui, les bactéries nous sont incroyablement utiles. Par exemple, pour synthétiser l’acide ascorbique, on se sert des bactéries acétiques, celles qui font du vinaigre. Pour produire certains antibiotiques, on utilise des streptomyces. Les connaissances sont telles qu’il est désormais possible de modifier génétiquement les bactéries pour synthétiser l’insuline ou fabriquer des vaccins et des interférons…
C’est dans la seconde moitié du 21e siècle que la science a pris la pleine mesure de la diversité des bactéries, des micro-organismes à double face.

Se défendre contre les mauvaises bactéries

Côté face, on trouve les bactéries pathogènes responsables entre autres des grands fléaux du Moyen-Age. Elles sont à l’origine de terribles maladies infectieuses, oubliées pour la plupart, comme la syphilis, la peste, le typhus et la diphtérie, mais certaines toujours bien vaillantes comme le tétanos, le choléra ou la tuberculose, la plus meurtrière.

La nature est bien faite et l’organisme est une machine de guerre, tant il multiplie des mécanismes de défense contre les attaques de ces bactéries dangereuses. L’hygiène de vie est le premier rempart, aussi bien alimentaire que corporelle. En 2e ligne, on trouve la peau, les muqueuses et leurs flores peuplées de bonnes bactéries. Les 3e lignes sont constituées des phagocytes, les « éboueurs de l’organisme » qui mangent et détruisent notamment les microbes. Ce sont eux qui sont responsables des inflammations. Puis, en dernier recours, on mobilise l’artillerie lourde : le système immunitaire spécifique, pour qu’il puisse développer des anticorps et des cellules immunitaires spécifiques aux antigènes des bactéries.

C’est seulement à ce moment-là qu’il est judicieux d’avoir recours à des antibiotiques capables d’inhiber leur métabolisme ou de bloquer la synthèse de la paroi de la cellule, comme le fait très bien la pénicilline.

Des microbes bienfaisants

Côté pile, on trouve les bactéries qui nous veulent du bien. Et il est rassurant de constater qu’elles sont nombreuses.

En externe, les bactéries utiles nous permettent notamment de conserver les aliments. On pense à la fermentation alcoolique avec la bière, à la fermentation malolactique avec le vin, à la fermentation acétique avec le vinaigre, mais la plus utile à l’homme est sans conteste la fermentation lactique à qui l’on doit les fromages, les yaourts, mais aussi la choucroute, le saucisson. Ainsi, ce sont les bactéries lactiques, plus connues sous le nom de ferments lactiques, qui en se nourrissant de sucres, comme le lactose pour les produits laitiers, produisent de l’acide lactique capable d’éliminer les autres bactéries, celles responsables de la putréfaction et les bactéries pathogènes.

En interne aussi, les bactéries tiennent une place prépondérante. Elles colonisent toutes nos muqueuses et participent à les défendre.

Les bactéries de la peau constituent, avec les levures et les champignons, la flore cutanée, qui si elle est équilibrée contribue à sa bonne santé. Elle lutte même contre les infections et autres agents pathogènes. Pour ne pas déstabiliser ce fragile équilibre et s’assurer que les bons microbes restent en surnombre, il est important de ne pas se laver avec des solutions trop agressives ou antibactériennes.

Les bactéries du tube digestif constituent, avec d’autres micro-organismes, la flore intestinale, qu’on appelle désormais microbiote. Sans une flore bactérienne de l’intestin et de l’estomac équilibrée, la digestion serait impossible, le système immunitaire inefficace, les vitamines ne seraient pas synthétisées… Il est donc important de veiller à l’équilibre de l’écosystème bactérien en faisant le plein de probiotiques, les bonnes bactéries. Elles se divisent en 2 genres : d’un côté les bifidobactéries et de l’autre les lactobacilles. Les sous-espèces sont nombreuses et les souches encore plus. Parmi les grands noms des bactéries bénéfiques du microbiote, citons le lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus (la bactérie du yaourt), le bifidobacterium bifidum, le lactobacillus acidophilus, le lactobacillus plantarum, le lactobacillus rhamnosus, le bifidobacterium infantis, le lactobacillus gasseri…

Un déséquilibre peut être dû à un traitement antibiotique, qui détruit la flore sans distinction du type de bactéries, une mauvaise alimentation, du stress, de la fatigue… Et si le microbiote intestinal ne peut plus assurer ses fonctions, la porte est ouverte aux troubles métaboliques (diabète de type 2, obésité, maladies cardiovasculaires…). Des études indiqueraient aussi un lien entre dysbiose et maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
Et c’est à peu près la même chose pour la flore vaginale, la flore buccale et nasale.

Des microbes transfuges

Tantôt bénéfiques, tantôt néfastes, les bactéries sont parfois aussi opportunistes. C’est-à-dire qu’elles deviennent dangereuses uniquement quand les conditions sont réunies, comme par exemple les staphylocoques. Ces bactéries vivent tout à fait normalement sur la flore cutanée (peau, nez, gorge…) en se nourrissant de notre épithélium sans qu’on n’y trouve rien à redire la plupart du temps. Mais dans certaines conditions (présence de plaies, organisme affaibli, milieu humide, poussière…), elles deviennent pathogènes. C’est le cas du célèbre staphylocoque doré, responsable d’infections cutanées de type furoncle, d’otites, d’infections des os et de septicémies.

bacteries celebres

Quelques grands noms de bactéries

  • La bactérie escherichia coli est une bactérie intestinale très répandue chez l’homme. Cependant, certaines souches sont pathogènes et entraînent diarrhées et gastro-entérites. Ces souches infectieuses arrivent parfois à migrer via la circulation ou une contamination fécale pour provoquer des infections urinaires, des sépticémies…
  • La bactérie helicobacter pylori est la bactérie de l’estomac. Responsable, entre autres, de 80% des ulcères gastro-duodénaux, elle se plaît particulièrement bien dans les environnements acides, d’où son attirance pour l’estomac.
  • Le streptocoque vit partout. Ce genre de bactéries regroupe de nombreuses espèces, certaines pathogènes aux conséquences plus ou moins dramatiques allant de l’angine (la bactérie de l’angine, c’est le streptocoque A aussi connu sous le nom de streptococcus pyogenes) à la méningite…
  • La salmonelle est aussi un genre de bactéries très contagieuses qui vivent dans le sol, l’eau et surtout dans l’intestin des hommes et des animaux. Quand elles sont en grand nombre et que leur hôte montre des signes de faiblesse, elles provoquent des infections alimentaires, des gastro-entérites ou la typhoïde suivant la souche.
  • Les cyanobactéries comptent 2000 espèces dont la plus connue est certainement l’arthrospira qui donne naissance à la spiruline.

Totalement indispensables à la vie et omniprésentes, les bactéries sont un peu plus que de simples micro-organismes unicellulaire. Cette forme de vie terriblement efficace survivra sans aucun doute à l’homme, alors autant essayer de l’apprivoiser et de vivre en bonne intelligence avec elle. Le simple fait de favoriser les souches de bactéries bénéfiques nous permet de nous protéger des bactéries nocives. Cela assorti de quelques règles d’hygiène classiques, et l’homme finira peut-être par dompter les microbes.

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